Dans Dieu et l’État (1870), Bakounine explore la différence de perception du monde et de la notion d’humanité par les socialistes révolutionnaires d’une part et par les idéalistes libéraux d’autre part.
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Il tente d’y expliquer la naissance des notions de Dieu et de foi, et la façon dont l’autorité étatique a pu les utiliser à son profit pour maintenir le peuple sous son joug. Il insiste sur la nécessité de délivrer l’Homme de cette prison de la raison, notamment en assurant l’accessibilité de la science.
Ce qu’il faut retenir
Pour Bakounine, les socialistes révolutionnaires sont des matérialistes au sens du point de départ de leur raisonnement philosophique, qui part du monde matériel pour s’en émanciper et accéder à la connaissance et à la liberté, là où la bourgeoisie libérale est idéaliste au sens du point de départ de son raisonnement, qui ramène tout à Dieu et aboutit à l’asservissement de l’Homme et du monde face à un esprit divin éthéré et étranger au monde. Bakounine souligne l’absurdité de la foi et l’importance de détruire le sentiment religieux.
Il relie la foi à la notion d’autorité unique et universelle, antithétique de la liberté, et dont il souligne qu’elle utilise la foi pour maintenir le peuple sous sa coupe. S’il mentionne la science comme guide utile, fondé sur la raison, pouvant servir à l’Homme de conscience collective, il met en garde contre tout « gouvernement des savants » qui s’avérerait aussi nocif que toute autre autorité.
S’il insiste sur le caractère délétère du christianisme et de son influence sans partage sur l’Europe pendant des siècles, Bakounine met également le lecteur en garde contre des formes plus modernes de foi telles que le déisme ou des formes d’instruction susceptibles d’inculquer au peuple des valeurs issues de notions idéalistes telles que la vertu du sacrifice ou le dévouement à Dieu. Il souligne la dangerosité du poison pour la raison que constitue l’idéalisme en mentionnant la façon dont il a corrompu la Révolution française et a transformé la France en une terre de bourgeois maintenant le peuple, notamment rural, sous le contrôle d’une Église redevenue puissante.
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