Tandis que l’esprit de soumission européiste s’expose sans rougir à l’Assemblée nationale, les syndicats français et le gouvernement italien illustrent, dans leurs prises de position, les ravages persistants de la sclérose idéologique néolibérale. Dernières nouvelles de Bruxelles.
Dans le cadre des discussions à l’Assemblée nationale portant sur le projet de loi d’urgence agricole, une coalition ponctuelle de députés LFI et RN a permis le vote d’un amendement prohibant toute importation de produits agricoles contenant des traces de pesticides interdits en France. Si cet amendement faisait sans doute l’objet d’un très large consensus au sein de la population, il a suscité consternation et agacement au sein du bloc central de l’Assemblée, en raison de son incompatibilité avec le droit européen. Il est vrai que, pour cette raison, il n’a aucune chance d’être appliqué. Ses partisans à l’Assemblée le savaient. Sans doute ont-ils voulu placer leurs détracteurs devant leur inconsistance politique et, en ce sens, c’est une réussite.
Esprit de soumission à l’Assemblée nationale
Les réactions autour de cet amendement place sous une lumière crue l’esprit de soumission auquel conduit nécessairement l’attachement au projet européiste. Prompts à dénoncer la démagogie ou l’amateurisme de leurs collègues, les opposants à cet amendement peinent à concevoir ce que leur position a d’indéfendable, comme si des décennies de construction européenne avaient émoussé chez eux le respect dû à la nature démocratique de notre régime aussi bien que le sens de l’État. En lieu et place de ces impératifs politiques, ne subsiste qu’un consentement à l’impotence drapé dans la splendeur factice de l’idéal européen.
Que la France ne puisse plus décider seule dans un domaine de première importance au plan sanitaire, environnemental et économique ; qu’elle ne puisse rien espérer de plus qu’une vague influence dans l’éventuelle réforme d’un marché unique qui la lie à 26 autres pays, concurrents bien plus que partenaires ; qu’elle soit tributaire de leurs intérêts, différents des siens, et d’un processus décisionnel si opaque et si complexe qu’il semble conçu pour favoriser l’impotence générale, tout cela n’est rien, finalement, comparé à l’accomplissement moral et idéologique que « l’Europe » représente pour un esprit européiste.
Lisez la suite et soutenez un média indépendant sans publicité
S’abonnerAccès illimité au site à partir de 1€
Déjà abonné ? Connectez-vous
2 commentaires
Devenez abonné !
Vous souhaitez pouvoir commenter nos articles et échanger avec notre communauté de lecteurs ? Abonnez-vous pour accéder à cette fonctionnalité.
S'abonner